3. Psychologie des enfants
La personne qui veut conduire un choeur d'enfants a soin de se mettre à leur portée, de
comprendre leur façon de réagir. Elle ne recherche pas exclusivement la qualité musicale et
la réussite de ses projets ; mais elle met les enfants au centre de ses préoccupations. Les
enfants ne sont pas estimables seulement en tant qu'ils sont capables de produire des chants
complexes avec un timbre sans artifice, mais en tant que personnes qui doivent se construire
petit à petit.
3.1. Les enfants ont le goût d'apprendre
Toujours curieux, toujours heureux de faire des découvertes, ils sont réceptifs à toute forme et
à tout genre de musique. Il s'ensuit que les adultes doivent éveiller les enfants au plus grand
éventail des compositions, des harmonies et des rythmes. Pour cela, on proposera aussi aux
enfants des chants spirituels ou sacrés non liturgiques et des chants profanes. Par cette
démarche, les enfants pourront s'investir différemment en chacun des styles. Les adultes
responsables du groupe doivent se garder de décréter que seul tel ou tel style plaît aux enfants.
3.2. Les enfants ont la capacité d'apprendre
On n'hésitera donc pas à faire travailler par coeur : cela favorise la disponibilité corporelle et
d'écoute, renforce la cohésion du choeur, libère la voix et nourrit la mémoire croyante. On
n'hésitera pas non plus à être exigeant dans le travail (technique, justesse, phrasé, couleur du
son, compréhension du texte) en évitant de lasser les enfants.
3.3. Les enfants procèdent par imitation des adultes
De ce fait, il convient que les adultes n'infantilisent ni le langage parlé ni le langage chanté.
Quand les enfants jouent à mettre les chaussures ou les vêtements de leurs parents, ils
manifestent leur désir d'accéder au stade adulte. Ainsi, le formateur doit montrer que les
chants qu'il propose – quels que soient leurs styles – trouvent en lui, adulte, un écho profond.
S'il en est ainsi, les enfants s'approprieront ces chants.
3.4. Les enfants ont moins de blocages corporels que certains adultes
Le chant est un acte non seulement du système phonatoire mais de tout le corps. Les
formateurs voient un grand intérêt à coordonner la voix et les mouvements du corps, les
enfants alliant volontiers des gestes à leur chant.
3.5. Les enfants se consacrent volontiers à une activité gratifiante
Le chant en choeur peut aboutir assez vite à un résultat plaisant, voire à une émotion musicale.
Le plaisir partagé commence déjà pendant la répétition si le formateur sait doser les exercices.
Quand ils voient le résultat de leur effort, lors d'une célébration ou d'un concert, les enfants
ont envie de continuer.
3.6. Les enfants se concentrent moins longtemps que les adultes
Le chef de choeur tient compte de cette réalité lorsqu'il envisage le déroulement et la
dynamique de la répétition. Ainsi, en une heure, il aborde plusieurs chants, mêlant exercices
et étude des partitions. Plutôt que de s'attarder longuement sur un seul chant, il y revient
plusieurs fois, de façon assez brève : ce qui a été appris se développe secrètement d'une fois
à l'autre.
3.7. Les enfants aiment la liberté, mais ils apprécient les repères
Les règles et les exigences sont comprises par les enfants comme des sécurités. La rigueur
inhérente à la musique – et plus encore à la musique de groupe – est un facteur d'équilibre
pour les enfants. Évidemment, cette rigueur n'empêche pas la convivialité, le jeu et la joie.
3.8. Les enfants aiment être reconnus personnellement, mais sont fiers d'appartenir à
un groupe
La vie du groupe est donc importante. Outre la convivialité, différents moyens favorisent
l'identité et la cohésion du groupe : l'emplacement dans l'espace liturgique, la tenue de
service, les temps de ressourcement spirituels, les stages de formation, les tournées de
concerts, les congrès, etc.
3.9. Leur psychologie évolue
L'évolution psychologique d'un enfant et d'un adolescent est rapide (il n'est pas le même en
CM, en 6ème et en 3ème). De plus, fille ou garçon, chacun évolue à son rythme. Les éducateurs
y seront très attentifs.
A suivre...
